Dance Little Transistor

"I'm The Pilot"

Arcade Fire, The Suburbs

Avec The Suburbs c’est toute la toile qu’Arcade Fire fait bouger et fait donc de cet album l’un des disques les plus attendu de l’année. Si sa sortie officielle est prévue pour le 2 aout, sa sortie officieuse a fait se trémousser les internautes.
Trois ans après leur dernier succès “Neon Bible” les espoirs d’un retour fracassant des canadiens se faisaient de plus en plus grand. En témoigne leur concert du 5 juillet au Casino de Paris plein à craquer. Et il faut dire que l’énorme galette de seize parts ne déçoit pas. Véritable masterpiece, The Suburbs est un disque fort, digne d’un travail d’orfèvre pour lequel le groupe est devenu spécialiste.
Si aucun titre ne semble vraiment se détacher plus qu’un autre à l’instar de Funeral et Neon Bible, ils représentent un bloc solide donnant à l’album une force époustouflante.
Les structures, parfois compliquées, combinées à la richesse instrumentale, d’écriture et sonore donne à l’auditeur l’impression de recevoir une grande claque musicale. Ajouté à cela, l’album présente une véritable cohérence et homogénéité ce qui permet aux seize titres de se sublimer les uns par rapport aux autres et éviter l’indigestion. La mixage est de très belle facture et met une nouvelle fois en avant l’excellent travail de Marcus Dravs (Bjork, Coldplay).
Si l’ambiance de Neon Bible était directement posé, celles de ce nouveau disque se découvrent, voire changent, au fil des écoutes comme si elles suivaient nos humeurs. La bande à Butler nous font jongler entre passages sombres parfois teintés de mélancolie et d’autres empruntés à une atmosphère plus spontanée voire festive comme sur l’ouverture éponyme qui tranche véritablement avec la sombre Black Mirror. La fraicheur du renouveau est imprégnée dans ce titre. D’autres donnent l’impression d’être une joviale mélancolie. Le genre de mélancolie qui nous donne un coup de pied aux fesses pour mieux avancer car il le faut. Oui, cet album parle du regret, des souvenirs passés mais laisse aussi à la fin un message: on ne peut pas se cantonner dans ce passé. Ce disque en est le parfait exemple. Le groupe a su évoluer en proposant un album résolument plus rock tout en gardant son identité et ce qui a fait sa renommée.
Autre point incontournable de ce chef d’oeuvre, la sonorité très Spingsteenienne de la voix de Win Butler sur certains titres comme Suburban War ou encore Month Of May.
Le disque peut se scinder en deux parties. Si la première parait être le noyau dur de l’album, la seconde demandera plus de temps d’écoute afin de se familiariser à de nouvelles sonorités comme la très MGMTiènne Sprawl II menée par une Régine impressionnante. En concluant par la “fin” de leur ouverture, Arcade Fire boucle leur boucle et tourne leur page.
Ce troisième album est une véritable réussite.

Javi

  1. dancelittletransistor posted this